Quelle éthique pour les coachs ? Tout n’est pas noir ou blanc. Le questionnement éthique dans le quotidien du coach – Webinar de Jacqueline Codsi, Hélène Legallais, Marie-Paule Dumas, ICF Québec, 15 et 30 novembre 2017

22 décembre 2017 à 15:16

ICF Québec vient d’organiser deux webinars sur l’éthique coach. On peut en retenir deux thèmes principaux : d’une part l’existence et la mise en œuvre d’un code de déontologie est une composante indispensable de la profession de coach, d’autre part ce texte est une aide à la décision mais laisse au coach un espace de décision, et de réflexion pour trouver la juste réponse à une situation délicate.

Un exemple de choix difficile

Les exemples travaillés lors de ce webinar ont permis d’illustrer ce point et d’en débattre. Un des cas traité a été le suivant : un coach apprécié par un dirigeant se voit confier le coaching de deux de ses collaborateurs. Les coachings se passent très bien, les coachés apprécient le travail effectué, le dirigeant confirme les progrès. Mais les rapports se détériorent entre les deux coachés qui entrent en conflit ouvert.

Que doit faire le coach ? Continuer les coachings, arrêter la mission, proposer l’introduction d’un autre coach, faire un point ensemble avec les deux coachés ? En référer au client, le dirigeant ?

L’intérêt du débat a été de montrer que si chacun a une préférence (en l’occurrence une majorité de  participant envisageait un point à 3), le coach doit prendre un moment pour ouvrir les différentes hypothèses et les étudier si possible en supervision ou en dialogue avec d’autres coachs, s’interroger sur la façon dont il vit lui-même la situation pour être vraiment disponible à l’intérêt des coachés et du client….et se référer au code de déontologie.

A quoi ça sert un code de déontologie ?

L’utilité du code de déontologie est de poser les bases de la réflexion que ce soit sur la conduite professionnelle (Section 1), sur les conflits d’intérêts (Section 2), sur la relation avec les clients (Section 3), l’exigence de confidentialité (Section 4), et de développement continu de ses compétences (section 5).

Par exemple, une situation évoquée nous a permis de travailler sur le point 8 de la section 1 : En tant que coach, je m’engage à… m’efforcer à tout moment de reconnaître les problèmes personnels qui pourraient entraver mon travail de coaching ou mes relations de coaching professionnel, entrer en conflit avec ceux-ci ou les gêner (…)

En l’occurrence le cas évoqué est le suivant : j’apprends que mon (ma) conjoint(e) vient de perdre son emploi et que nous sommes vulnérables financièrement. Je suis très affecté par mes problèmes personnels. Qu’est-ce que je peux faire ? Continuer d’honorer mes rendez vous de coaching chez mon plus gros client ? Mettre un terme à ma relation de coaching ? Je revois ma série de rendez vous avec mon client ?

L’éthique, un travail continu pour le coach

La discussion a permis d’illustrer le sous titre du webinar : tout n’est pas noir ou blanc et nécessite un retour exigeant du coach sur lui-même. Si l’option d’arrêter la relation de coaching n’est sans doute pas la première à recommander, elle pose néanmoins la question de la disponibilité du coach  à être présent et garant de la qualité de sa prestation. Le première question qui se pose, en fait, est plutôt comment le coach aborde ses émotions, comment traite-t-il ce risque de perturbation de ses prestations, comment prend-il du recul pour évaluer le plus lucidement possible sa capacité à faire son métier dans le respect de son client.  En particulier, dispose-t-il d’un espace pour poser le problème et réfléchir à l’aide de regards croisés sur choix ?

De nombreux autres sujets ont été traités lors de ces deux webinars dont une des qualités a été de montrer que le sujet de l’éthique du coach n’est pas qu’une question de comportements conformes à un texte mais aussi, et peut-être surtout un travail continu du coach, une vigilance constante sur ses choix et sa lucidité.

Paul Delahaie, Directeur des Partenariats Internationaux Activision Coaching